Notre aujourd’hui est peut-être en train de rejoindre mon demain.

Voilà, c’est dit, c’est fait, les photographes du collectif Regard Perdu vont parler de « demain ». Ou plutôt le photographier.

Enfin l’imaginer en images.
Imaginer leur « demain ».
Ainsi donc par la grâce d’un thème commun, les objectifs de nos appareils photo vont se transformer en boules de cristal.
De celles qui permettent de lire l’avenir.

Demain, certes le sujet est photographique, mais il est avant tout politique et citoyen. Traiter d’un tel sujet suppose de la part du photographe, avant même d’aborder le côté esthétique ou technique de l’image, de se mettre au clair avec soi-même.

Pour ma part le sujet fait écho à un travail entamé il y a deux ans.
Un travail qui s’appuyait sur le constat que nous, consommateurs, sommes envahis par les emballages superflus et que chacun de ces conditionnements est estampillé du sésame universel : le code barre. Je superposais donc des codes barres à mes images, des images qui racontaient plus la désolation ou la misère que l’opulence.

La série tournait court jusqu’à ce jour de novembre 2011, où le thème « Demain » vint la réveiller.
Réfléchissant au demain que j’imagine, l’évidence s’est imposée : Nous sommes dans une société de consommation et je ne nous vois pas renoncer à consommer. Les peuples des nations dites émergentes ne rêvent même que d’une chose : Nous rejoindre dans notre frénésie de consommation.
Le code barre est donc réapparu comme LE symbole de cette consommation. J’ai choisi désormais de plaquer des « mots code barre » sur mes images.
Ma vision est noire, pessimiste. La première image de la série s’appelle «Chaos», outre un code barre elle intègre également un billet de 10 euros. Je pensais parler de demain, mais j’ai des doutes… La Grèce s’embrase sur fond d’euro… Finalement notre aujourd’hui est peut-être en train de rejoindre mon demain.

En visionnant mes premières images, là encore je doute.
Le code barre ne s’y impose pas suffisamment.
Ce code barre finalement ce sont les barreaux de la prison dorée dans laquelle on nous enferme, il devrait envahir tout l’espace.
Et les images, pas assez violentes.
Il me faut retravailler.
Etre plus politique.
Plus engagé.
Plus agressif aussi face à cette société qui nous violente…

3 commentaires sur “Notre aujourd’hui est peut-être en train de rejoindre mon demain.

  1. Les deux premières pour ma part sont les plus proches de ce que tu développes. Le code barre finit vraiment par devenir le parasite de l’image. Un clin d’œil sur l’image 1, la pièce à « rayures » m’a fait immédiatement penser au « Delirium Trémens » de Montand dans le film le Cercle Rouge. Il y a de la folie dans tout ça…

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